„... EURE CHARLOTTE“
Performance | Goethe & Schiller monument
Weimar 2007

Ich nutze die Wehrlosigkeit, wische die Spinnweben von den Mündern, wecke euch einen Augenblick und sage danke. Adieu.

Je profite de l'impuissance à vous défendre, essuie les toiles d'araignée sur vos bouches, vous réveille un instant pour dire merci. Adieu.

I take advantage of your defenselessness, wipe away the cobweb from your mouth, wake you up for a point of time to thank you. Adieu.

Photo credit: Timm Burkhardt
Photo credit: Anselm Graubner
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Il y a dix mille façons de quitter une ville dans laquelle on a vécu, de dire au revoir aux lieux, aux gens, aux habitudes. Ce que la ville nous a offert, on l‘a pris sans réfléchir. Pour marquer la fin de ses études à la Bauhaus-Universität, Seidel s‘est rendue sur la place principale, Theaterplatz, centre névralgique de Weimar, pour embrasser deux hommes sur la bouche, les statues de Goethe et Schiller. Seidel vient les remercier d‘avoir donné à cette petite ville allemande une vie culturelle exceptionnellement riche d‘architecture, d‘art, de design, de musique. Elle monte sur une échelle et vient toucher l‘intouchable, les lèvres d‘un monument national, lieu de pèlerinage en Allemagne. Deux femmes nommées Charlotte ont compté dans la vie de ces deux hommes. Une troisième Charlotte, l‘artiste, nous rappelle qu‘une vie de culture n‘est jamais acquise, et exécute un geste romantique et obsolète, vulnérable, un adieu.
Florence Ostende pour cataloguemagazine / mars 2010

There are ten thousand ways to leave a city in which one has lived, to say goodbye to places, people and habits. What the city had to give has been taken without a second thought. To celebrate the end of her studies at the Bauhaus Universität, Seidel went to Weimar’s main square – Theaterplatz, the very core of the city – to kiss the statues of Goethe and Schiller on the mouth. The artist thanked them for having brought an exceptional cultural life to this modest German town, rich with architecture, arts, design and music. She climbed up a ladder to touch the untouchable: the lips of a national monument and a site of pilgrimage in Germany. Two Charlottes had been important in the life of these men, and a third Charlotte, the artist, reminds us that cultural life shouldn’t be taken for granted while realising a romantic and obsolete gesture, fragile, a farewell.
Florence Ostende for cataloguemagazine / March 2010